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François Sauvage, Les familles recomposées au cinéma : de la marâtre à la belle-maman

LES FAMILLES RECOMPOSEES AU CINEMA :

DE LA MARÂTRE A LA BELLE-MAMAN

François SAUVAGE

Notre hypothèse de travail consiste à vérifier que la représentation au cinéma des beaux-parents (au sens de marâtre et parâtre, c’est-à-dire de nouvelle femme du père et de nouveau mari de la mère, et non au sens des parents du conjoint) a évolué, alors que, dans le même temps, leur réglementation par le droit a été modifiée.

En particulier, depuis les contes animés de Disney, l‘image cinématographique renvoyée par la belle-mère devient plus flatteuse :  elle n’est plus seulement la méchante  marâtre, mais devient une personnalité complexe et ambigüe, ainsi que l’illustrent notamment les versions incarnées contemporaines  de ces contes produits par cette même firme dans Blanche-Neige ou dans le futur Cendrillon. Mieux encore, la belle-mère peut se transformer en une nouvelle maman lorsque la recomposition familiale est harmonieuse. Certaines comédies récentes rendent compte de ces familles plus recomposées que décomposées.

L’évolution du rôle joué par le beau-père au cinéma est sans doute moins sensible. Il demeure l‘amant de la mère, parfois violent, parfois troublant, y compris d’un point de vue sexuel, et n’aspire pas toujours au rôle de nouveau papa, loin s’en faut.

Le droit, en particulier le droit civil français de la famille, extrapatrimonial et patrimonial, n’est jamais resté insensible à la spécificité des recompositions familiales, qu’elles soient réputées conflictuelles comme hier ou présumées apaisées comme aujourd’hui. Dans ce dernier cas, la jurisprudence accorde par exemple aujourd’hui aux beaux-parents quelques prérogatives en matière d’autorité parentale par le biais de sa délégation qu’elle soit partagée ou non, alors que les discriminations successorales qui frappaient traditionnellement les secondes noces dans notre Code civil sont de l’histoire ancienne – à quelques exceptions remarquables près, il est vrai, ainsi que l’illustre la survie de l’action en retranchement contre les avantages matrimoniaux ou la privation du conjoint survivant en présence d’enfants non issu des deux époux de son usufruit successoral.

Toutefois, il n‘est pas indifférent de remarquer que les progrès réalisées par la famille recomposée pacifiée sont encore modestes, et que le droit civil hexagonal demeure traditionnellement indifférent voire  hostile à la recomposition familiale en particulier à la beau-coparentalité tout au moins en France – comme en témoigne le projet de statut des beaux-parents esquissé par le précédent gouvernement, lequel est resté lettre morte.

Cette hypothèse de travail devra cependant être vérifiée, après visionnage de films où le beau-parent joue un rôle plus modeste que dans ceux indiqués dans la trop brève filmographie dressée ci-dessous, et  à l’examen de branches du droit autres que le droit de la famille français (droit pénal, droit comparé…), en sorte qu‘une mise en parallèle et en perspective puisse être tentée entre l’évolution de la représentation par le cinéma des recompositions familales, à travers la figure exemplaire voire caricaturale du beau-parent, et celle de leur régulation par la norme.

CORPUS CINEMATOGRAPHIQUE

La marâtre

Blanche-neige

Blanche-neige et le chasseur

Cendrillon

Raiponce

Beau-père

Le beau-père

Etc (à développer par de nombreux visionnages…).

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