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Giuseppina Sapio, « Mamma » au masculin, étude des figures paternelles dans le cinéma italien contemporain

« Mamma » au masculin.

Étude des figures paternelles dans le cinéma italien contemporain

Giuseppina Sapio

La présente communication vise à analyser la représentation des pères dans les œuvres cinématographiques italiennes plus récentes : nous nous appuierons pour cela sur un corpus assez hétérogène afin d’extraire de chaque film les traits comportementaux et psychiques les plus récurrents des figures filmiques masculines, notamment des pères de famille.

Notre réflexion se développe à partir d’une observation intuitive de l’évolution du cinéma italien contemporain, en particulier pour ce qui concerne la « mise en scène de la vie familiale ».

En effet, nous avons constaté que, lors des dernières années, de nombreuses œuvres ont été réalisées ayant comme protagonistes des pères fragiles, frustrés, seuls, généralement « castrés » dans leur rôle de « père patron » que le cinéma (et la culture italienne) leur a souvent attribué.

Ainsi, se succèdent des films comme Il papà di Giovanna (2008) d’Avati qui, bien qu’il soit situé en époque fasciste, se soucie de représenter une figure paternelle ayant les caractéristiques typiques des pères montrés dans les films se déroulant en époque contemporaine ; Caos calmo (2008) de Grimaldi avec Nanni Moretti jouant le rôle de Pietro, un père veuf déprimé et incapable de faire le deuil de manière pragmatique (représentative est l’image choisie pour l’affiche, qui nous montre Pietro assis sur un banc, le regard perdu) ; La nostra vita (2010) de Luchetti reprend cette quête intérieure du père face au deuil, avec l’histoire de Claudio qui doit apprendre un nouveau métier de père, englobant également les tâches généralement « genrées » (dans le sens de gendered) au féminin ; L’uomo nero (2009) de Rubini nous offre une vision désenchantée de la puissance masculine du père, avec la figure d’Ernesto, un machiniste des chemins de fer avec le désir de devenir peintre ; Alza la testa (2009) d’Angelini met en scène le rapport controversé entre un père seul et son fils ; dans Gli equilibristi (2012) de De Matteo, Giulio fait face à la séparation de sa femme, à cause d’une relation amoureuse extraconjugale, et affronte progressivement les difficultés économiques et sociales que son nouveau statut lui impose.

L’analyse des films sera l’occasion pour produire une réflexion sur la société et la culture italienne contemporaine, notamment pour ce qui concerne la conception des rapports familiaux et la crise de la parentalité selon les codes de genre « masculin/féminin » jusque là véhiculés par le cinéma.

Notre communication sera animée par une question capitale : la nouvelle représentation des pères, très éloignée du « Padre Padrone » des frères Taviani, est-elle réellement innovatrice ? Quels sont les effets de cette reconnaissance (légitime) de la fragilité du père sur la représentation des figures féminines, notamment des mères ? Les films diffusent-ils une image misogyne des « mamma » italiennes, sacrifiées d’un point de vue cinématographique, afin de réhabiliter le statut des pères ?

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